Méditation : de la technique à l'état.
13/9/2009
J'ai retrouvé ce superbe texte, écrit par mon Ami Marc, sur la méditation.
L'état
qui est susceptible de naître avec la méditation vient de lui-même
lorsque les conditions le permettent. Son éclosion est le résultat de
ces mêmes conditions ; non l'aboutissement de tout un travail
d'efforts. Ainsi, les techniques que l'on utilise pour "méditer" ont
pour objectif réel de préparer le terrain qui, une fois réceptif,
permet à la méditation proprement dite de s'installer.
Il n'existe donc pas de technique infaillible ou particulière pour
parvenir à méditer. Il est autant de méthodes que d'individus, quoi que
les Fondements premiers restent invariablement les mêmes : tranquillité,
calme serein, aspiration joyeuse et douce, ouverture confiante en la
Vie.
Bien sûr, nombre de techniques essaient de favoriser le calme
mental puisque les pensées sont un obstacle majeur à la méditation.
Mais pourquoi le sont-elles ? Non parce qu'elles existent et traversent
notre cerveau. Elles sont un obstacle parce qu'elles nous perturbent,
nous troublent, nous emportent avec elles et nous tirent
systématiquement à la surface. Elles recouvrent la sérénité, agitent
les strates de l'esprit,
ferment les portes d'un état serein en nous emportant dans une
multitude d'ailleurs. Combien d'entre nous n'ont pas vu leurs
tentatives se figer dans l'inconfort d'une concentration introvertie,
dans la crispation, dans la désespérance de ne pouvoir arrêter un flot
discontinu d'idées en tout genre ?
Pourtant, il est possible de s'ouvrir au calme mental. Il ne s'agit
plus de se focaliser sur ce qui se déroule en nos têtes mais de
décentrer l'attention du mental proprement dit. Un apaisement
apparaîtra plus facilement si nous apprenons à écouter notre respir par
exemple, ou ce qui se passe autour de nous.
L'important, pour accéder aux portes de la méditation, est de
laisser couler ce qui est là - sans lutter. Comment ne pas lutter ou
laisser couler demanderont certains... En prenant simplement conscience
des luttes et des résistances présentes lorsque nous nous essayons à
méditer. Le simple fait de les constater suffit en effet à les
dissoudre. Tenter de les solutionner par une méthode ne ferait que les
accentuer. En effet, la méthode induit la recherche d'un certain
résultat. L'attente de ce résultat s'oppose naturellement à l'abandon
et au lâcher-prise.
La méditation peut être approchée dans tout domaine, à tout instant
de l'existence pour autant que notre esprit soit dans l'attitude
appropriée. On peut être émerveillé, réjouit, touché au plus profond
par la beauté d'une plante, d'une fleur, ou les couleurs d'un paysage.
On peut être profondément ému et s'illuminer à l'écoute d'une musique
qui semble nous parler. On peut toucher la méditation en peignant le
meilleur que l'on a envie d'exprimer de soi, en écrivant, en chantant,
en respirant. On peut même méditer dans le métro ou en faisant sa
vaisselle. Le tout est d'être présent à ce que l'on vit...
Finalement, la méditation est ce moment où nous sommes profondément
là, où nous nous sentons reliés à l'existence, aux autres et à tout ce
qui nous entoure. C'est ce moment si intense où la pensée s'est tue
pour laisser la place à un regard totalement lucide, lumineux,
tranquille et ouvert sur le présent.
Les préliminaires à la méditation sont effectivement la
concentration (principalement dans le cœur ou au-dessus de la tête) et
l'aspiration à ce que nous concevons comme "supérieur" à soi-même. Ces
deux attitudes conduisent à l'ouverture intérieure, à l'émergence de la
conscience vraie et par voie de conséquence à la libération et la
plénitude de l'esprit.
Mais nous sommes déjà, intérieurement. Il ne sert donc à rien de se
crisper ou de se durcir à coups d'efforts brutaux pour atteindre tel ou
tel résultat. Pourquoi procéder de la sorte puisque le Divin est déjà
là en soi ? Non, il est juste question de trouver l'attitude intérieure
qui nous rendra réceptif et ouvert à Sa présence et qui, parce qu'il y
a un calme et une tranquillité, permettra que les choses spirituelles
émergent d'elles-mêmes, naturellement.
L'intériorisation est un préliminaire indispensable à la
méditation. Le fait de ne fonctionner qu'à la surface de l'être nous
maintient dans l'agitation, dans les tensions, les efforts, et surtout
cristallise l'individualité dans ce qu'elle a de plus rigide. En nous
intériorisant nous pénétrons petit à petit dans des espaces plus
vastes, plus souples et universels ; nous nous extrayons de la tempête
pour pénétrer un océan tranquille au sein duquel tout vient le moment
venu.
Les premiers temps demandent toujours un effort : nous devons
forcer notre nature à prendre la bonne attitude plutôt que les mauvais
plis dont elle faisait son quotidien. C'est pour cela que nous passons
toujours par une première phase dite de "discipline".
Mais sincèrement : le jeu en vaut réellement la chandelle !
Marc.
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Témoignages de visiteurs et beaux textes.
jasmin86, le 14-09-2009 à 08:51:18 :
Merci
Merci beaucoup Francis pour ces moments de partage... Je lis vos articles, toujours avec autant de plaisir...