Yram.

8/11/2008

                                                                                                                                                              
Voici ce qu'écrivait, en avant propos de son ouvrage "Le médecin de l'âme", Yram, de son vrai nom Marcel Louis Forhan 1884-1927.


Parmi les connaissances générales de notre époque, il est extrêmement difficile de se
former une opinion rationnelle sur sa propre existence. Cette ignorance entraîne une quantité
d’erreurs dans tous les autres domaines. Pour beaucoup de gens, le progrès social représente
la seule réalité, et la politique actuelle consiste à imaginer un régime où chacun pourra faire
ce qu’il lui plaît.
Cette utopie, entretenue soigneusement par des mercantis de toute catégorie, a
déterminé une sorte de cristallisation de la pensée moderne. Science, religion, philosophie,
piétinent sur place. L’on écrit beaucoup, l’on pense moins. Et dès qu’un ouvrage aborde des
questions demandant un effort de réflexion, il est remisé au fond d’un tiroir.
Aujourd’hui, tout le monde est pressé. Chacun veut obtenir des résultats immédiats,
sans se soucier des causes qui les déterminent.
Et cependant, dans l’histoire de notre Race, jamais l’heure n’a été plus favorable à la
réforme de nos idées, pour un plus grand progrès, vers le bonheur social.
Où va-t-on prendre l’idée-mère, source des transformations futures ? Quel est le
nouvel élément dont l’énergie va féconder nos connaissances de ses potentialités
radioactives ? Sur quoi va-t-on se baser pour équilibrer la diversité des opinions et des
croyances avec la saine réalité ?
Des hypothèses, il y en a trop ? La guerre récente a renversé chez beaucoup le château
fragile des illusions généreuses. Les religions ne sont plus à la hauteur de leur tâche. La
plupart manquent du sens commun le plus élémentaire. Quant aux arguments de philosophie
scientifique, ils nous ramènent à l’âge des cavernes en exaltant le principe de nos origines
animales.
Le raisonnement pur et simple ne suffit plus. Malgré la perfection de notre civilisation,
la pensée moderne manque d’aliment. Les bases de la morale sont méconnues et l’âme
humaine erre dans le vide des illusions et les espoirs chimériques.
Le grand problème qui se dresse et s’est toujours posé à l’imagination des hommes est
celui de la Survie. Si nous pouvions connaître exactement ce que nous devenons après la
mort, si nous pouvions savoir d’une façon certaine s’il est possible de vivre, de sentir, de voir,
de penser, de comprendre, dans un autre monde, avec la même facilité que sur terre, quel
progrès formidable nous accomplirions !
Sans exagération, l’on peut dire que ce serait la plus grande révolution qui ait jamais
été accomplie dans tous les domaines de notre activité. Et s’il est un fait capable d’amortir
une partie des souffrances humaines, l’on peut dire que la connaissance de cet énigme
séculaire serait un des plus grands bienfaits que l’on puisse apporter à l’humanité.
Ce fait, cette certitude, cette connaissance, je viens vous donner les moyens de
l’obtenir.
Il n’est pas nécessaire que vous ayez la foi. Je ne viens pas en missionnaire, chargé de
répandre une idée nouvelle. Je vous expose simplement les résultats obtenus, en vous disant :
« Ce que j’ai fait n’a rien de mystérieux. Voici la façon dont j’ai procédé, répétez l’expérience
dans les mêmes conditions et vous obtiendrez les mêmes résultats. »
Il est évident qu’à priori cela paraît incroyable. La connaissance d’un mystère aussi
important, dévoilé comme certain, sans aucun doute possible, par un noble inconnu, ne peut
être qu’une chimère généreuse, enfantée par des lectures mystiques. Combien d’intelligences
supérieures se sont attelées au grand Problème sans pouvoir le résoudre ! Et s’il était possible
au premier venu de pénétrer aussi facilement un domaine jugé jusqu’ici comme inaccessible,
« cela se saurait » ! Nous n’aurions pas attendu des siècles et des siècles pour connaître ce
mystère, au nom duquel tant d’êtres humains se sont massacrés !
Si je n’avais résolu l’énigme moi-même, il est certain que je ferais les mêmes
réflexions et j’ajouterais : « Le monsieur a eu certainement une fièvre cérébrale dans sa
jeunesse, il lui en est resté quelque chose ! ».
Le lecteur sera probablement plus poli et il pensera que la suggestion, l’hallucination,
ont causé chez moi un caractère spécial de névrose, appartenant au domaine des spécialistes
pour affections mentales.
Ce ne sont pas ces arguments qui changeront quoi que ce soit à la nature de
l’expérience. Je me suis fait à moi-même toutes les réflexions que vous pouvez faire. Durant
des années, j’ai comparé les résultats de l’expérience entre eux et avec les traditions qui me
sont parvenues. J’ai analysé le caractère essentiel des religions et des philosophies, j’ai
disséqué notre être psychologique d’après les connaissances scientifiques les plus modernes et
je n’ai trouvé aucune contradiction flagrante avec mes observations expérimentales.
D’ailleurs, le fait brutal s’impose dans toute l’acception du terme, et s’il est possible
aujourd’hui d’aborder une telle certitude, c’est que nos connaissances suivent la progression
naturelle en toute chose. Pour les cueillir, il faut attendre qu’elles soient mûres. Chaque étape
du savoir humain est la résultante de causes dont les éléments demandent parfois des périodes
millénaires avant de pouvoir se manifester.
Et lorsque le fruit est à maturité, peu importe la personnalité de celui qui a la chance
de le trouver. Son devoir le plus élémentaire est d’en faire part aux autres, quel que soit
l’accueil qui lui est réservé.

Yram le 13 avril 1926.


J'aurai très bien pu commencer ce blog avec le même avant-propos, ceci en 2008.

Francis.



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